ROXANE
Suissesse, formée à Londres, sa voix précède son nom : brute, vibrante, aux effluves d’Etta James et Betty Davis. Une voix rugueuse comme un vinyle ancien, fêlée, sans apprêt. À Genève, un booker la repère sur Instagram. Elle a dix-neuf ans, une guitare en bandoulière et dix chansons jamais jouées sur scène. Ce soir-là, elle comprend que ce sera ça, sa vie. Plus tard, à Londres, Paul O’Duffy — qui a travaillé avec Amy Winehouse, John Barry, Tom Walker — l’entend à son tour et la contacte. Il produira son premier album, attendu début 2026.
Roxane est née d’un père fan de rock anglo-saxon des années 70 — de Led Zeppelin à Pink Floyd — et d’une mère qui l’endormait avec Gérard Lenorman. Deux mondes, deux harmonies. Entre nappes psychédéliques et ritournelles françaises, elle apprend à naviguer entre les styles, entre les sensibilités.
Mais ce qui l’habite va au-delà du son. Chez Roxane, tout commence derrière un rideau rouge. Ce rouge-là — celui de l’Hollywood des fifties et sixties et de Twin Peaks — c’est sa couleur intérieure : à la fois chaleur, mystère et mélancolie. Elle y puise son esthétique, entre glamour fêlé et lumière trop belle pour être vraie. Son style musical s’imprègne de cette tension-là : une pop un peu vintage, traversée de soul, de rock et de folk. Elle se définit comme un pont : entre la variété française vintage et la soul anglo-saxonne, entre la pudeur et le cri, entre l’hier et le maintenant. Ses références le disent aussi : Rodriguez pour la vérité nue, Alice Phoebe Lou pour la liberté, Beth Gibbons pour l’intensité, Lana Del Rey pour l’art de transformer le trouble en langage.
Sur scène, elle ne fait pas le show, elle vibre, touche sans expliquer, émeut sans artifice.
Une voix rare.