Tshegue

Afro Punk
SAMEDI - 20H30

Entre les deux, ça ne pouvait que fonctionner, une histoire de concordance des temps, une affaire d’énergie, l’essence à laquelle ils carburent chacun à leur manière, du genre singulière. Lui, Nicolas Dacunha, natif de la banlieue parisienne, elle, Faty Sy Savanet, née à Kinshasa, grandie à Lemba, le quartier branché de la capitale congolaise, atterrie à neuf ans en banlieue parisienne, avant de se révéler au micro avec le combo garage rock Jaguar. Entre ces deux électrons libres, pas mal d’atomes crochus : il suffisait juste que les planètes s’alignent pour que cette paire de complémentaires fasse des étincèles.

« Une rencontre mystique, quasi-improbable. Il est comme mon alter ego, celui qui m’a permis de me regarder tel que je suis. Ce n’est pas que de la musique, c’est aussi un truc de cœur. »

C’est cela qui raisonne en creux dès l’ouverture de cet EP, baptisé Survivor. Le nom du groupe, Tshegue, fait doublement sens : c’est le surnom de la chanteuse, c’est aussi le nom qu’on donne aux petits gars de la rue à Kinshasa. D’emblée, sa voix rauque and soul donne le diapason, ambiance rough, phrasé intense, boosté par des rythmiques épileptiques, tendance tribale. « Sa façon de chanter sonne en parfaite adéquation avec mes idées de rythmes. Dans ce projet, la percussion, c’est fondamental. », résume Dakou. Pas de doute, Faty Sy Savanet envoie des punchlines qui cognent et percutent en pleine tête. Et le deuxième titre enchaîne direct, pied au plancher, guitares congolaises en boucles frénétiques, la basse qui vrombit , percussions saccadées, secousses d’une house oblique. Survivor raconte entre les lignes le parcours d’une déracinée, les deux pieds plantés dans l’asphalte jungle, la tête tournée vers le terreau ancestral. Et ce qui suit suinte tout autant le bitume. Urbain, c’est certain, ce disque n’en témoigne pas moins d’un goût pour l’ambigüité, échappant à la pesante loi des catégories prédéfinies.